Les sources du Mouridisme en français

Dr Maguèye Ndiaye
Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Sénégal

Résumé :

La recherche sur le Mouridisme dans les sources en français est, souvent, caractérisée par un certain nombre de problèmes. Les principaux problèmes, entre autres, sont : le manque d’objectivité, si l’on considère les sources coloniales, le problème de barrière linguistique qui empêche beaucoup de chercheurs à accéder à l’œuvre du fondateur du Mouridisme et de celle de ses biographes attitrés, toutes écrites en arabe, le manque de culture en sciences islamiques et la confusion faite entre les réalités socio-culturelles et religieuses orientales et méditerranéennes et les réalités des sociétés subsahariennes culturellement très différentes.

Mots-clés :

Islam, confrérie, Mouridisme, recherche, source.

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The sources of Mouridism in French

Dr Maguèye Ndiaye
Cheikh Anta Diop University of Dakar, Senegal

Abstract:

Research on Mouridism in French sources is often characterized by a certain number of problems. The main problems, among others, are: the lack of objectivity, if we consider the colonial sources, the problem of linguistic barrier which prevents many researchers from accessing the work of the founder of Mouridism and that of his biographers accredited, all written in Arabic, the lack of culture in Islamic sciences and the confusion made between the socio-cultural and religious realities of Eastern and Mediterranean and the realities of culturally very different sub-Saharan societies.

Keywords:

Islam, brotherhood, Mouridism, research, source.

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Texte :

L’œuvre du fondateur du Mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, comme celles de ses principaux biographes et commentateurs contemporains, sont écrites en arabe et porte sur le domaine religieux, tandis que dans la masse des écrits qui lui sont consacrés le français constitue le médium le plus largement utilisé. Cette réalité, en soi, appelle à des questionnements liés au Mouridisme, lui-même, objet de ces écrits, au contexte de toute cette littérature en français, à ses profondes motivations et à ses réels objectifs, et constitue une vraie problématique, une lanterne que la recherche moderne a le devoir d’élucider et d’éclairer.

1 - Le Mouridisme :

Le Mouridisme ou Al-Murîdiyya fait l’objet de beaucoup de définitions, des plus simplistes aux plus fantaisistes, des plus subjectives aux plus objectives. Certaines définitions se réfèrent à ses éléments constitutifs, d’autres à son vécu et à son évolution ou aux circonstances de l’analyse. Mais le plus grand intérêt réside dans la définition qu’en donne son fondateur, Cheikh Ahmadou Bamba, qui n’a négligé aucun aspect de sa Tarîqa.

Mais celui-ci a évolué intérieurement, et c’est précisément cette évolution qui rend compte, à la fois, de l’adaptation des grands mouvements religieux, et de la puissance du prosélytisme maraboutique en Afrique(1).

Le Mouridisme est ainsi un corps de doctrines religieuses, morales, et culturelles. C’est une voie basée sur les préceptes du Coran et de la Sunna (Tradition Prophétique) qui prône l’ascétisme. Ce n’est donc point une quête philosophique, ou intellectuelle, mais plutôt un retour à la simplicité originelle de l’Islam, loin du fanatisme ou de l’extravagance notée dans certains ordres soufis influencés par des traditions extra islamiques.

Dans tous les cas, il présente une certaine spécificité. Par exemple, la plupart des confréries tirent leur nom du fondateur de l’ordre, alors que Bamba semble opérer un choix stratégique, en désignant sa voie par le terme Murîdiyya, faisant allusion à Irâdah Al Lâh (volonté divine) et ses disciples par le terme murîd (postulant ou aspirant à Dieu), ce qui montre le caractère ouvert de sa voie. La sagesse serait de se contenter de la définition qu’en donne le fondateur, lui-même auteur. En effet, la réponse du guide sur les fondements du Mouridisme qui peut mettre un terme aux spéculations était en ces termes : "Les fondements de cette voie sont la foi en l’unicité de Dieu, la soumission, au moyen de la jurisprudence, de la bienfaisance et du mysticisme"(2).

2 - Les sources en français :

L’analyse des sources sur le Mouridisme en français, qui sont les plus vulgarisées, est l’objet de cette recherche. Mais au préalable, la notion de source doit être élucidée, compte tenu des différentes compréhensions donc de définitions dont elle fait l’objet et des subtilités entre la notion de source et celle de référence. Certains chercheurs, pensent "qu’on peut appeler source tout ouvrage qui, dans une des branches de la science, a étudié un sujet de façon exhaustive et approfondie… En d’autres termes, tout ouvrage qui contient la matière principale voire authentique sur un sujet, devenant ainsi une référence incontournable dont ne peut se passer un chercheur dans le domaine"(3).

D’autres penseurs, par contre donnent à l’auteur la liberté de déterminer ce qu’il désigne sous le vocable "source". Par exemple, c’est le cas de Makkî qui soutient que "chaque chercheur peut définir ses sources et références en fonction de la situation, selon la nature de son étude et de la méthode adoptée pour cette étude. De ce fait, tout livre qui lui procure de la matière première, à savoir une matière d’étude, devient une source, tandis que tout livre qui apporte un éclaircissement sur cette matière, ou prononce un avis sur elle est considérée par lui comme une référence(4)".

Les sources sont, généralement, classées en deux catégories : Les sources principales et les sources secondaires. Contrairement aux références qui sont tantôt classées en références générales et références particulières, et tantôt en références anciennes et références modernes. Une telle classification et de tels concepts constituent, certes, un apport considérable pour le chercheur, mais ne viennent pas à bout du problème. En guise d’exemple, les dictionnaires et les encyclopédies sont parfois classées dans les références générales et parfois dans les sources secondaires.

Compte tenu de la nature de notre étude, nous optons pour la définition de la source dans son acception générale pour ne pas exclure les documents d’archives et faisons le choix de la chronologie, en classant les sources en sources anciennes, transitoires et récentes.

Signalons, au passage, qu’aucun chercheur ne peut avoir la prétention d’analyser toute la littérature consacrée au Mouridisme, comme le souligne bien Jeans Copans qui affirmait, déjà en 1980, que : "Les seuls travaux récents et qui ont moins de quinze ans totalisent 4000 pages imprimées ou ronéotées… Si l’on ajoute à cette littérature toutes les études "coloniales" du demi-siècle précédent, consacrées à l’Islam sénégalais et notamment mouride, on augmente ce chiffre d’au moins 50"(5). Beaucoup de publications sont apparues depuis cette date, ne laissant qu’un seul choix au chercheur à savoir le choix d’un corpus représentatif.

3 - Les sources anciennes :

Ils sont donc nombreux, les colonialistes ou leurs agents géographes, historiens, chercheurs, missionnaires ou autres fonctionnaires qui ont parlé de Bamba et du Mouridisme. Et ce, depuis la période d’avant 1914 jusqu’à 1960, date de l’indépendance du Sénégal. Dans le cadre de cette recherche, nous nous limiterons aux travaux de certains d’entre eux. Ces sources sont réparties entre documents d’archives et études spécialisées.

Ces documents sont rarement complets et ne relatent que les aspects qui intéressent leurs auteurs. Pour preuve, le professeur Mbaye Guèye, jugeant les informations contenues dans de tels documents, a fait le commentaire suivant :

"Ils nous renseignent sur le Sénégal précolonial et colonial, ainsi que sur l’Islam et sur la Murîdiyya. S’ils sont très loquaces sur les hommes du camp français, ils sont en revanche d’un silence irritant sur les protagonistes indigènes. Ainsi, ils ne nous livrent sur eux que des informations fragmentaires sur leurs passions, leurs drames, leurs traumatismes(6)".

Ce dernier trouve la justification d’une telle attitude très simple, en affirmant que : "Ceci ne doit pas surprendre, car les rédacteurs de ces documents, gouverneurs, administrateurs et militaires étaient acteurs des événements qu’ils relataient. Ils ne résistaient pas toujours à la tentation, toute naturelle, d’infléchir les faits de façon intéressée, en taisant leurs échecs ou leurs défaites, en exagérant ceux de leurs ennemis pour obtenir récompenses ou éviter des sanctions. Nous savons maintenant comment le soi-disant péril de l’Islam, et, plus précisément, celui de la Murîdiyya, avaient été créé, grossi et gonflé par des administrateurs qui s’en servaient comme d’un épouvantail commode contre tout contrôle de leur métropole pour laisser libre cours à leurs fantaisies sanglantes"(7).

S’agissant des études anciennes, si dans l’ensemble, elles n’échappent pas aux reproches soulignées tantôt, il n’en demeure pas moins que la qualité des travaux de certaines d’entre elles est indéniable, à l’image de ceux de Paul Marty qui ont une grande valeur documentaire, malgré la subjectivité de certaines appréciations. Par contre, il y a des études très subjectives, à la limite insolentes et injurieuses, comme les travaux d’Alphonse Gouilly ; alors que tous les deux sont des contemporains de Bamba, l’ont approché et lui ont parlé.

1. L’Islam dans l’Afrique occidentale française :

L’auteur, Alphonse Gouilly, est présenté par Madické Wade comme faisant partie de la Mafia anti-islam de l’époque. Pour illustration de son propos, il reproduit des passages du livre de Gouilly, teintés de subjectivité. L’on y relève : la caricature des noirs, la haine contre l’Islam et les confréries, mais surtout la calomnie à l’endroit de Bamba. Il dépeint le guide en ces termes :

"Il est une des figures les plus intéressantes de l’histoire musulmane au Sénégal. Nul, de son vivant, n’a provoqué chez ses contemporains des sentiments plus contraires. Il a enthousiasmé des foules ferventes qui lui ont rendu un véritable culte ; mais il a été dénoncé comme un charlatan grossier, voire comme un malfaiteur. On lui a reproché son entêtement doctrinaire, mais des hommes de science et de mérite ont remis entre ses mains les intérêts de leur vie terrestre et future. En réalité c’est un vrai toucouleur : obstiné, avare, bonasse, du reste nullement dépourvu d’intelligence ni même de finesse(8)". Cette description en dit long sur perception de l’islam et du Mouridisme par l’auteur, et par conséquent, ne mérite pas qu’on s’y attarde.

2. La religion musulmane au Sénégal :

Paul Marty, Officier interprète au Sénégal entre 1913 et 1916, dans son livre s’est intéressé à tous les guides de confréries de l’époque. A ce propos, il a consacré un grand chapitre à Ahmadou Bamba qu’il a intitulé, pour des raisons qui lui sont propres, "Les mourides d’Ahmadou Bamba".

Lorsqu’il évoque les caractères du guide, il ne tarit pas d’éloges et présente tout de même le guide avec objectivité : "Ahmadou Bamba jouit auprès de tous les musulmans, même de ceux qui ne partagent pas ses croyances, tels les marocains, maures ou toucouleurs, tels les "tidiania" d’une estime générale. Tous s’accordent à le considérer comme un saint homme, pieux, charitable, de mœurs très pures, convaincu de la mission de réformateur islamique dont il se dit investi"(9).

Il en est de même du témoignage relatif à sa culture :

"Elevé dans un milieu familial où la culture était de tradition, il est très versé dans les lettres et sciences musulmanes. Ces études semblables sur ce point à l’enseignement des universités de notre moyen-âge, ont toutes une base religieuse, et ont eu pour résultat de l’affermir dans sa foi, en le nourrissant des preuves de la vérité de l’Islam(10)".

Toutefois, il faut signaler que, dans certains de ces passages, il a beaucoup, dénaturé certaines attitudes et comportements liés au Mouridisme. Tantôt, il qualifie la relation marabout-disciple comme un acte de restauration de l’esclavage, tantôt il prête au Cheikh la prétention de vouloir jouer un rôle politique, au moins à une période donnée de sa vie. Ainsi, trop affirmatif dans ses accusations à l’endroit du guide, il dit :

"Il fut un temps favorable, après 1886, où la disparition des chefs politiques du Sénégal d’Antan… laissait la place libre à des hommes nouveaux… Ahmadou Bamba a cru ce jour là - et il en est resté longtemps persuadé - qu’il était appelé à restaurer par son projet, l’autorité locale(11)".

Marty semble se satisfaire d’une vision coloniale et ignorer un ensemble d’attitudes de Bamba caractérisées par le mépris du pouvoir temporel. Et pour preuve, après la disparition de son père, des gens lui ont proposé de le remplacer aux fonctions de Cadi et de conseiller dans la cour royale de Lat Dior, mais en vain, car la réponse fut un poème où il a exprimé son mépris du pouvoir intitulé : "Qâlû liya irkan li abwâb as-Salâtîn" (réfugie-toi auprès des Sultans).

- "Ils m’ont dit : refugies-toi auprès des Sultans et tu auras des cadeaux enrichissants en permanence.
- j’ai dit : je me refugie auprès de mon Seigneur, me suffis de Lui et ne me satisfais que du savoir et de la religion.
- Je n’ai d’espoir qu’en mon Roi (Dieu) et ne crains que Lui car, Lui le Majestueux m’enrichit et me sauve.
- Dois-je m’en remettre, pour mes affaires, à des gens incapables, comme des indigents, d’assurer les leur ?
- Et comment les biens futiles de ce bas monde peuvent me pousser à côtoyer des gens dont les demeures sont des jardins des démons (Satan) ?
- Toi qui me blâmes ! Arrête et ne t’étends pas, car moi je ne suis pas attristé par la perte des biens de ce monde.
- Si mon tort c’est de me détourner de leurs biens futiles, un tel tort est pour moi précieux et n’est pas de nature à me frustrer"(12).

Toutefois, il faut comprendre que de telles considérations à l’endroit de Bamba, venant d’un colonialiste de la trempe de Marty, ne surprennent guère, car, les autorités coloniales rudement éprouvées par les guerres saintes de l’époque en étaient traumatisées, comme le souligne Amar Samb :
"Les autorités coloniales sont traumatisées par les guerres saintes menées contre elles par El Hadj Omar, Ahmadou Cheikhou, Mabba Diakhou, Mamadou Lamine, Fodé Kaba etc."(13).

La description du Mouridisme par Marty ne relève pas de la réalité, parce que dictée par l’idéologie. Dans son ouvrage "Etudes sur l’Islam au Sénégal", par exemple, il insiste sur ce qu’il appelle la déformation ou l’adoption de l’Islam. Selon ce dernier "Le Mouridisme d’Amadou Bamba qu’on peut définir comme : de l’Islam à l’usage des ouolofs"(14), n’est rien d’autre que l’Islam vidé de sa quintessence, car dit-il :
"On ne saurait mieux emprunter à l’Islam ses articles de foi et une fois vidés de leur contenu, les remplir des croyances locales"(15). Pire encore, l’auteur assimile le Mouridisme à un ensemble de mythes, à une "wolofisation(16) de l’Islam, une exploitation, une crédulité du fidèle et une force collectiviste de la confrérie", avant de terminer son propos par cette accusation :
"La seule chose qui soit vraiment à déplorer dans le Mouridisme vu du côté économique, c’est l’exploitation des indigènes. Les dons affluent chez les Serignes (Marabouts) : espèces sonnantes, par centaines de milliers de francs, animaux…"(17).

L’auteur semble ignorer l’attachement de Bamba à l’orthodoxie. Un culte d’orthodoxie vécu, prêché et traité dans beaucoup de ses écrits, comme il semble vouloir passer sous silence le volontarisme qui est à la base de la générosité des disciples qui ne sont soumis à aucune forme de contrainte.

4 - Les sources transitoires :

Ces travaux, dans une certaine mesure, constituent une sorte de prolongement des travaux anciens, sauf que l’idéologie coloniale semble ne pas être une préoccupation majeure.

Ces études sont consacrées à la civilisation noire et tentent, à travers des analyses sur le Mouridisme, de rectifier une certaine vision faite de préjugés et de suspicions. Elles diffèrent donc par l’approche scientifique et la motivation.

Parmi ces œuvres, on peut citer celles de Vincent Monteil, de Cheikh Tidiane Sy et de Fernand Dumont.

1. La pensée religieuse d’Ahmadou Bamba :

L’auteur, Fernand Dumont, conseiller technique de Léopold Sédar Senghor premier président du Sénégal, auteur de cette thèse et de beaucoup d’articles sur le Mouridisme tels que : "Ahmadou Bamba, apôtre de la non-violence (1850-1927) qui date de 1969, Cheikh Ahmadou Bamba et le Mouridisme Sénégalais, 1977", a beaucoup réfléchi sur le Mouridisme.

Il a analysé le Mouridisme en intellectuel sociologue et islamologue européen doublé d’un traducteur analyste. La traduction de Dumont ne laisse pas indifférent des auteurs comme J. Copans qui déclare que :
"L’importance du travail vient, d’abord, de la traduction abondante des œuvres du fondateur de la confrérie, Ahmadou Bamba. Cette traduction est restituée avec un appareil critique très précis qui permet de situer les particularités du message Bambiste au sein du mouvement confrérique et du mouvement soufi en général"(18).

L’intérêt de l’étude de Dumont ne se limite pas à l’effort de traduction. En effet, l’auteur s’est employé à recenser les poèmes de Bamba, au nombre de 41, alors que Vincent Monteil, auparavant, n’en avait relevé que vingt (20) qasîda (poèmes).

Il faut noter que s’il est permis d’épiloguer sur le volume des écrits du Cheikh, on ne peut plus se permettre, après les recensements effectués, de douter de l’importance de son œuvre, qui traduit, à la fois, une érudition et une aptitude à écrire, surtout une disposition innée pour la création poétique.

Dans tous les cas, le volume de l’œuvre s’est vu toujours reconsidéré à la hausse. Fernand Dumont qui croyait en détenir la totalité, après avoir recensé une trentaine de milliers de vers, se ravisa après la découverte du recueil al-Fulk al-Mash-hûn (la Barque pleine), en 1969(19), constitué de poèmes en acrostiches tirés des versets du saint Coran (les initiales de chaque vers lues dans le sens vertical, composent un ou plusieurs versets du Coran).

Selon Amar SAMB, rien le Fulk al-Mash-hûn compte 360 poèmes, soit 11347 vers(20). Tandis qu’un recensement plus récent effectué par l’I.F.A.N, fait état de 150 poèmes, dont la plupart fait des centaines de vers comme le Masâlik al-Jinân (Les itinéraires du paradis) qui compte 553 vers. Ce recensement est inachevé, même si de grands efforts sont toujours fournis pour une recension générale de l’œuvre de Bamba. Cette œuvre immense est l’expression de la formation d’un enfant prodige, de la culture d’un homme d’action qui a accepté de se donner sans réserve pour acquérir du savoir.

Par ailleurs, Dumont s’illustre par un retour aux publications en arabe consacrées à Bamba, pour les passer en revue. Aussi, il consacre une partie de son travail à la vie de Bamba, à l’histoire, à la structure de sa confrérie et à son mysticisme, en s’évertuant, notamment, à définir certains concepts.

Les reproches qu’on peut formuler à l’endroit de ces travaux sont, pour l’essentiel, relatifs à la nature de l’analyse des textes et aux erreurs sur les noms de personnes, de localités ou d’évènements aussi importants que le petit et le grand Magal (célébration)(21).

Pour ce qui est des perspectives de l’analyse, elle est jugée partielle parce que ne s’intéressant qu’au milieu social et à l’époque historique. Ce qui n’altère en rien son mérite d’avoir étudié le Mouridisme avec un esprit moins colonialiste, pour mieux approcher le monde mouride. Dans cette dynamique de sympathie, Dumont s’érige en avocat du Cheik, affirmant qu'Ahmadou Bamba(22) "est la meilleure incarnation moderne de la mystique minimiste, de l’amour et de l’imitation du prophète. Que le Cheikh ait été, et soit encore, cependant, l’objet d’un culte personnel, de la part d’une foule parfois ignorante, c’est certain. C’est également très explicable, et ce n’est particulier ni à l’Islam, ni à l’Afrique. Le Cheikh Bamba en avait conscience, et il éprouvait un sentiment de tristesse, quand il constatait que les adultes de son époque confondaient moyens et finalités"(23).

2. La confrérie sénégalaise des mourides :

Cet essai sur l’Islam au Sénégal(24) de Cheikh Tidiane Sy(25), comme son article "Ahmadou Bamba et l’islamisation des wolof(26)", renvoie à l’idée d’un Islam Sénégalais wolof. Son livre s’intéresse à l’origine du phénomène mouride, mais surtout à sa capacité de transformation sociale politique et économique.

Il présente le Mouridisme comme une réponse à un monde opprimé, le monde rural wolof(27), et une tentative de reconstituer la société wolof autour de ses propres valeurs, et selon lui, le Cheikh préconise une sorte de nationalisme africain. Ainsi, l’auteur parle de l’islamisation des wolofs et de la wolofisation de l’Islam qu’évoquait déjà P. Marty dans ses travaux. Mais là où Marty parlait d’hérésie et de déviation, Sy parle lui "d’un syncrétisme remarquable réalisé sur la base d’une réinterprétation des dynamismes propres à la société wolof et d’une expérience religieuse originale"(28).

Pour Cheikh T. Sy, c’est l’évidence même, "le Mouridisme de Cheikh Bamba illustre la réaction des sociétés négro-africaines au contact de l’Islam(29)".

L’auteur s’intéresse, par ailleurs, au travail des mourides qu’il lie à une tradition mystique du travail ou à une sorte de rédemption incarnée par les Baye-Fall(30). Cependant, il ne manque pas de décrire ce mouvement de Baye-Fall, comme "un non-sens, une caricature du Mouridisme(31)".

La contribution de Cheikh Tidiane Sy s’illustre par sa fonction idéologique et s’inspire, dans bien des aspects, de l’idéologie de l’indépendance, elle insiste sur les valeurs de développement, de culture nationale et d’enracinement africain de l’Islam. Une telle vision du Mouridisme disculpe Sy, à mon avis, des accusations de continuateur de la vision coloniale car cette approche gomme, littéralement, la période coloniale, même si certains lui reprochent son excès de sympathie pour le Mouridisme.

5 - Les nouvelles recherches :

Cette nouvelle littérature sur le Mouridisme est impossible à résumer. Elle s’intéresse au Mouridisme populaire et académique ; c’est une littérature réservée à une certaine élite. Ces recherches sont menées par des spécialistes, souvent hommes de terrain, des sociologues, des historiens, des géographes, des anthropologues et des politologues, chacun dans son domaine de prédilection. Elles ont permis de construire une nouvelle problématique, en posant de nouveaux questionnements et en abordant l’information existante par l’analyse et la critique. On ne peut en évoquer, ici, que quelques travaux représentatifs :

1. La société wolof et le mouridisme :

Parmi les recherches faites par les sociologues sur le Mouridisme, la thèse d’Abdoulaye Bara Diop, s’illustre par les informations qu’elle livre sur la période contemporaine, surtout sur l’islamisation de l’ethnie wolof et les aspects socioreligieux de cette islamisation. En effet, on sait que le Mouridisme est perçu par beaucoup d’analystes comme une restructuration de la société wolof après la dislocation de la structure sociale traditionnelle de celle-ci, causée par les agressions subies du colonialisme. Abdoulaye Bara Diop insiste sur la relation marabout-disciple et perçoit les marabouts comme "une aristocratie religieuse dont la domination repose sur une aliénation idéologique"(32).

2. Mouridisme et économie :

L’auteur du livre intitulé : Les marabouts de l’arachide(33), Jean Copans, porte un regard critique sur le Mouridisme et sur toute la production intellectuelle dont elle a fait l’objet. Par une approche anthropologique, il remet en cause beaucoup de stéréotypes et de mythes et propose une interprétation théorique, inspirée du Marxisme. Il intègre dans son analyse la fonction idéologique à laquelle fait allusion A.B. Diop et le contexte politico-économique du Sénégal dont une certaine situation historique est bien reflétée.

Il a fait une enquête de monographie villageoise, et à partir des informations recueillies sur le terrain, il a tenté une analyse théorique de la confrérie mouride avec le regard du marxiste, il a insisté sur la relation entre celle-ci et l’Etat Sénégalais et sur le caractère national de la dite confrérie qui lui confère le statut d’idéologie nationale unique. Et, en dernière analyse, il a abouti à l’idée que cette confrérie, même si elle ne maîtrise pas les facteurs de sa propre production, tire sa force de l’idéologie que représente la relation de dépendance marabout-disciple ; une idéologie qui fait du Mouridisme "une machine infernale" selon Copans. Même si les marabouts de l’arachide n’existent presque plus, et que ces travaux ne reflètent qu’une époque conjoncturelle qui occulte bien des changements intervenus, comme les relations non idéologiques dans la confrérie, ce livre a beaucoup de mérites en s’intéressant à toute la littérature coloniale sur le Mouridisme.

3. La pensée religieuse de Bamba :

Dans sa thèse, intitulée : Essai sur la pensée religieuse d’Amadou Bamba(34), dirigée par Vincent Monteil, Fernand Dumont s’est évertué à analyser l’œuvre d’Amadou Bamba pour en faire une exégèse interne, sous l’optique de l’évolution de la mystique musulmane. Il affirme, dès le départ, qu’Amadou Bamba n’est, certes, pas un penseur dans le sens de Ghazali, mais, il lui reconnaît une pensée discursive très fine et très belle, mais éparse. Sans émettre de jugement de valeur sur cette pensée, il se limite à la tentative d’en discerner le contenu et les origines. Et c’est ainsi qu’il dit découvrir après exploration, quatre composantes de la pensée du guide : une pensée mystique essentiellement minimiste ; une pensée purement confrérique ; une pensée orthodoxe très conformiste, et enfin une pensée moralisatrice du murshid (guide).

Pour l’auteur, cette pensée est "l’expression d’une foi, extraordinairement, vive et belle"(35) et cette foi imprègne toute l’œuvre du Cheikh, "une foi inébranlable, tranquille, pleine de douceur, mais sans recherche métaphysique, ni effort d’introspection"(36).

Cette pensée est, selon lui, "traversée par un vigoureux élan d’adoration de Dieu et surtout un mouvement affectif soutenu envers le prophète Muhammad (P.S.L)"(37).

Elle est décrite aussi par l’auteur comme une pensée éclectique de formation, de contenu et même d’expression, une sorte de synthèse de la pensée mystique confrérique, non isolée et contemporaine de celle des autres penseurs de l’Afrique, voire un aboutissement.

Il importe, donc, de noter que ce travail est un aperçu ou une première vue de l’œuvre écrite d’Ahmadou Bamba, sous la forme d’une bibliographie détaillée et quelque peu commentée. Un travail qui relève, du respect et de la sympathie, deux paramètres comme mode d’approche pour pénétrer l’œuvre du guide.

Mieux, l’expression de cette sympathie est manifeste dans toutes les pages. L’érudition du guide, surtout, a séduit F. Dumont et à preuve, il affirme :

"Malgré tous les obstacles d’une histoire contemporaine bouleversante de fond en comble, il a pu amasser une science des plus méritoires, et même assez extraordinaire, compte tenu des circonstances de sa vie. Il a passé son temps à écrire, faisant preuve d’une grande ouverture d’esprit, d’une surprenante connaissance technique de la langue arabe, de probité et de droiture, de "zèle" pour la justice, l’humanité et la tolérance"(38).

Ses qualités humaines aussi, ne sont pas en reste et sous ce rapport, Dumont avance les propos suivants : "Et qui donc, mieux que lui, aura fait preuve de courage et de caractère, en subissant "les pires chocs de la fortune" sans perdre la foi, ni sa dignité d’homme et surtout sans haine et sans violence ?"(39).

Une telle sympathie lui vaut d’ailleurs, des critiques qui taxent son œuvre d’apologétique et de syncrétisme.

4. La littérature mouride :

Amar Samb, dans son ouvrage intitulé : Essai sur la contribution du Sénégal à la littérature d’expression arabe(40), s’intéresse, lui aussi, à Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké et à son école littéraire. Dans son travail de grande valeur documentaire, et pour lequel aucune source n’a été négligée (Archives nationales du Sénégal, période allant de 1895 à 1927, écrits de Bamba, témoignages de sa famille, ouvrages en arabe et en français consacrés au fondateur du Mouridisme, tradition orale). Il a consacré une soixantaine de pages au guide ; où il a présenté le Cheikh comme un homme d’action, un mystique pur et un penseur religieux ; mais ce qui importe le plus c’est l’intérêt qu’il a accordé à son œuvre littéraire. L’auteur a tenté d’aller plus loin que Dumont dans l’analyse de l’œuvre littéraire.

Il s’est évertué à classer l’œuvre de Bamba selon les thèmes suivants : joutes poétiques et échanges de civilités, écrits de l’exil, actions de grâce rendues à Dieu et au prophète Muhammad, oraisons initiatiques et incantations mystiques, idées sur l’éducation, la morale ou la pensée. Chemin faisant, il a traduit une partie de la production poétique pour en faire le commentaire. Le choix des poèmes est très illustratif et le commentaire de l’auteur est intéressant, car en dehors de la pensée, la forme des poèmes est analysée en relation avec le style, la richesse de la rime et le rythme. D’ailleurs, la maîtrise du genre poétique a fini de séduire l’auteur.

Ainsi, il souligne que : "La perfection stylistique éclate dans tous les poèmes du fondateur du Mouridisme, du chantre du prophète et de l’exilé au Gabon, et la même perfection formelle se révèle chez Ahmadou Bamba moralisateur et éducateur"(41).

En définitive, l’auteur présente le Cheikh comme un vigoureux technicien de la poésie arabe. Cette étude constitue, malgré quelques problèmes notés sur la traduction, une référence précieuse pour l’ensemble des chercheurs dans ce domaine. En plus de ces réflexions de discipline sur la confrérie mouride, des politologues se sont intéressés également, à l’idéologie mouride, notamment des marxistes qui ont théorisé, ce qu’ils appellent le phénomène mouride, sous l’angle idéologique :

Ces ouvrages, comme d’autres plus récents, posent des problématiques d’actualité et participent à l’élargissement du champ de réflexions. Ce qui confirme que le Mouridisme donne toujours de la matière à réflexion. Et, en guise d’exemple pour cette catégorie de recherche, nous citons deux Thèses de Doctorat soutenues par des franco-arabisants sénégalais à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar :
- Les impacts sociolinguistiques du Mouridisme sur les Wolofs : Etude des concepts et des principes fondateurs de la doctrine dans les œuvres d’Ahmadou Bamba de Mor Talla Cissé (2017).
- La poésie arabe de la première génération des disciples de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké : Etude descriptive et analytique d’Abdoul Ahad Lo (2019), préparée sous ma direction.

Notes :
1 - Fernand Dumont : Cheikh Ahmadou Bamba et le Mouridisme sénégalais, communication à l’occasion de la semaine culturelle sur la vie et l’œuvre de Cheikh Ahmad Bamba, Dakar, 15 au 22 juillet 1977, publiée par Omar Ba, p. 213-220.
2 - Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké : Recueil de conseils et de réponses, manuscrit, p. 29. Ce recueil a été rassemblé et établi sur ordre de son fils et troisième Calife, Serigne Abdoul Ahad Mbacké.
3 - Cf. Mouhamed Ajjâj el Khatîb : Al Maktabah wal bahth wal masâdir (La bibliothèque, la recherche et les sources), p. 122.
4 - Ismaël Ezz ed Dine : Al-Masâdir al-Adabiyya wa-l Lughawiyya fî at-Turâth al-Arabî (les sources littéraires et linguistiques dans le patrimoine arabe), Dâr an-Nahdha al-Arabiyya, Beyrouth 1975, p. 56.
5 - Jean Copans : Les marabouts de l’arachide, Ed. L’Harmattan, 2e éd., Paris 1988, p. 31.
6 - Mbaye Gueye : contribution à l’histoire de la Murîdiyya de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, Dakar 2004, p. 9.
7 - Ibid.
8 - Cité par Wade Madické : op. cit., p. 22.
9 - Paul Marty : La religion musulmane au Sénégal, Ch. IV, "Les mourides d’Ahmadou Bamba", Ed. E. Leroux, 1913, p. 2.
10 - Ibid.
11 - Ibid., p. 231.
12 - Ibid., p. 18.
13 - Amar Samb : Essai sur la contribution du Sénégal à la littérature d’expression arabe de, In Mémoires de l’institut fondamentale d’Afrique, N° 87, Dakar 1972, p. 335.
14 - Paul Marty : Etudes sur l’Islam au Sénégal, E. Leroux, Paris, T.2, p. 3.
15 - Ibid., p. 6.
16 - Le wolof ou ouolof est le dialecte dominant au Sénégal et les wolofs constituent l’ethnie majoritaire.
17 - Ibid., T.2, p. 335
18 - Ibid., p. 43.
19 - Amar Samb : op. cit., p. 435.
20 - Cf. L’œuvre littéraire de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, communication lors du cinquantième anniversaire de la mort du fondateur du Mouridisme, in Ahmadou Bamba face aux autorités coloniales (1895-1927) de Bâ Omar, p. 235.
21 - Notons pour le lecteur que le Magal, terme wolof qui signifie célébration ou commémoration. Le petit Magal qui se déroule le 20 Muharram (1er mois de l’an musulman) est l’anniversaire de la disparition de Bamba. Tandis que le grand Magal est célébré le 18 Safar (2e mois de l’an musulman) pour commémorer le départ de Bamba à exil au Gabon que lui avaient imposé les autorités coloniales.
22 - L’abandon du nom Amadou Bamba pour celui d’Ahmadou Bamba marque, de mon point de vue, une sorte d’évolution de la part de Dumont.
23 - Fernand Dumont : Cheikh Ahmadou Bamba et le Mouridisme Sénégalais, in Ahmadou Bamba face aux autorités coloniales (1889-1927) de Ba Omar, Dakar, (s.d.), p. 218.
24 - Intellectuel sénégalais musulman, membre du groupe de réflexions du premier président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor (1906-2001). Il est ancien directeur de l’ENEA (Ecole Nationale d’Economie Appliquée). A ne pas confondre avec le petit-fils d’El Hadj Malick Sy fondateur de la Zawiya Tîjâniyya de Tivaouane, qui porte le même nom.
25 - Cheikh Tidiane Sy : La confrérie sénégalaise des mourides : Essai sur l’Islam au Sénégal, Editions Présence africaine, 2e éd., 1969.
26 - Bulletin de l’IFAN, XXXII, Série B, N° 2, 1970.
27 - Ethnie majoritaire au Sénégal.
28 - Cheikh Tidiane Sy : Le travail dans la pensée de Cheikh Ahmadou Bamba, in Ahmadou Bamba face aux autorités coloniales (1889-1927) de Ba Omar, p. 221-224.
29 - Ibid.
30 - Un groupe de disciples mourides, pour ne pas dire secte, qui prône le remplacement des cinq prières canoniques par la Khidma (service au bénéfice de la communauté) et le jeûne par des cadeaux. Une orientation en porte-à-faux avec les fondements du Mouridisme.
31 - Cheikh Tidiane Sy : op. cit., p. 287.
32 - Abdoulaye Bara Diop : La société wolof, tradition et changement, Université Paris V, René Descartes, Paris 1978.
33 - Jean Copans : Les marabouts de l’arachide, Ed. L’Harmattan, 2e éd., Paris 1988.
34 - Fernand Dumont : Essai sur la pensée religieuse d’Amadou Bamba (1850-1927), Thèse de Doctorat de 3e cycle, UCAD, FLSH, Dakar 1968.
35 - Ibid, p. 15.
36 - Ibid, P. 11.
37 - Ibid.
38 - Ibid., p. 574.
39 - Ibid., p. 572.
40 - Amar Samb : Essai sur la contribution du Sénégal à la littérature d’expression arabe, Mémoires de l’I.F.A.N., N. 78, Dakar 1972.
41 - Ibid., p. 442.
Références :
1 - Bulletin de l’IFAN, XXXII, Série B, N° 2, 1970.
2 - Copans, Jean : Les marabouts de l’arachide, Ed. L’Harmattan, 2e éd., Paris 1988.
3 - Diop, Abdoulaye Bara : La société wolof, tradition et changement, Université Paris V, René Descartes, Paris 1978.
4 - Dumont, Fernand : Cheikh Ahmadou Bamba et le Mouridisme Sénégalais, in Ahmadou Bamba face aux autorités coloniales (1889-1927) de Ba Omar, Dakar, (s.d.).
5 - Dumont, Fernand : Essai sur la pensée religieuse d’Amadou Bamba (1850-1927), Thèse de Doctorat de 3e cycle, UCAD, FLSH, Dakar 1968.
6 - El Khatîb, Mouhamed Ajjâj: Al Maktabah wal bahth wal masâdir, (La bibliothèque, la recherche et les sources).
7 - Ezz ed Dine, Ismaël : Al-Masâdir al-Adabiyya wa-l Lughawiyya fî at-Turâth al-Arabî, (les sources littéraires et linguistiques dans le patrimoine arabe), Dâr an-Nahdha al Arabiyya, Beyrouth 1975.
8 - Gueye, Mbaye : contribution à l’histoire de la Murîdiyya de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, Dakar 2004.
9 - Marty, Paul : Etudes sur l’Islam au Sénégal, E. Leroux, Paris.
10 - Marty, Paul : La religion musulmane au Sénégal, Ch. IV, "Les mourides d’Ahmadou Bamba", Ed. E. Leroux, 1913.
11 - Samb, Amar : Essai sur la contribution du Sénégal à la littérature d’expression arabe de, In Mémoires de l’institut fondamentale d’Afrique, N° 87, Dakar 1972.
12 - Sy, Cheikh Tidiane : La confrérie sénégalaise des mourides : Essai sur l’Islam au Sénégal, Editions Présence africaine, 2e éd., 1969.
13 - Sy, Cheikh Tidiane: Le travail dans la pensée de Cheikh Ahmadou Bamba, in Ahmadou Bamba face aux autorités coloniales (1889-1927) de Ba Omar.
Pour citer l'article :

* Dr Maguèye Ndiaye : Les sources du Mouridisme en français, Revue Annales du patrimoine, Université de Mostaganem, N° 20, 2020. http://annales.univ-mosta.dz

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