Approche analytique des pensées de l’empereur Marc-Aurèle

Salima Siada
Université d’Alger 2, Algérie

Résumé :

Le siècle des Antonins incarne plus que tout autre une dualité inhérente à la société romaine. D’une part l’esprit de conquête brillement mis en pratique par Nerva, Trajan et Hadrien et de l’autre, la piété envers les dieux et la recherche d’équilibre, incarnés par Antonin le Pieux et perpétuée par Marc-Aurèle. Il s’agit là de deux tendances chères aux romains : l’armée et la religion. Les pensées de Marc-Aurèle semblent exprimer le mieux cette lutte pour assurer un équilibre fragile à un peuple qui n’a quasiment jamais vécu en paix. Une approche analytique des pensées de Marc-Aurèle nous a amenée à nous interroger sur l’impact de cette dualité sur la vie de l’empereur et qui semble révéler un malaise intérieur que l’on ne retrouve pas chez les autres césars.

Mots-clés :

pensées, sénat, stoïcisme, Marc-Aurèle, philosophie.

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Analytical approach to the thoughts of Emperor Marcus Aurelius

Abstract:

The century of the Antonines embodies more than any other a duality deeply rooted into the roman society. On the one hand the spirit of conquest brilliantly put into practice by Nerva, Trajan and Hadrian and on the other, piety towards the gods and the search for balance, incarnated by Antoninus Pius and perpetuated by Marcus Aurelius. These are two trends precious to the romans: army and religion in a context perpetually electrified by the demands and defiance of the Senate. The thoughts of Marcus Aurelius seem clearly reflect this inevitable struggle to ensure a delicate balance between on the one hand the constraints of the status of emperor and on the other, the need to ensure justice to a population which has ultimately never known peace. An analytical approach of the thoughts of Marcus Aurelius has led us to question the impact of this duality on the life of the emperor himself and to glimpse an internal discomfort that is not to be sensed with other Caesars.

Key words:

thoughts, Senate, stoicism, Marcus-Aurelius, philosophy.

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Texte :

Introduction :

C’est avec un héritage marqué du sceau des exploits militaires et d’un expansionnisme considéré légitime que doit composer le siècle des Antonins. Comme pour ne pas faillir à l’objectif fixé par le destin dès sa naissance, Rome ne cessera de s’étendre et se répandre au dam des plus jaloux et aux dépend des plus faibles. C’est ce que perpétueront tour à tour Nerva, Trajan et Hadrien, soumettant des peuples dont l’histoire n’ignore ni le courage ni la barbarie, par ailleurs égale à celle de Rome lorsque sa dignité est mise à mal. Ainsi, Germains, Daces, Parthes, Arméniens, Bretons, Pontins, Syrien et Mèdes auront eu à un moment décisif le choix entre passer sous le joug ou subir le couperet et se soumettront, fusse pour un temps.

Toutefois, au-delà du tumulte des champs de bataille, des jeux et des combats de gladiateurs, Rome est également l’héritière d’un code ancestral de traditions, un Mos maiorum(1) que nul n’est autorisé à négliger encore moins bafouer et reposant sur les valeurs cardinales que sont le courage, la maitrise de soi, la tempérance et la justice(2). Il fallut donc qu’à un moment de son histoire, elle donnât naissance à celui qui porterait en lui cette part de l’identité romaine et en ferait le motif et le but de chacune de ses entreprises.

Ce fut Marc-Aurèle. De fait, à parcourir ne serait-ce que les grandes lignes de sa vie, l’on sent bien que nous ne sommes pas les seuls à être intrigués par la gravitas du jeune Marcus ; tous autour de lui ont, semble-t-il, perçu l’immense envergure derrière la frêle stature ; c’est ce qui poussera Hadrien à l’intégrer au collège des Saliens à huit ans à peine(3) et quand bien même ne serait-ce là que le parcours habituel d’un jeune patricien promis aux plus nobles fonctions, il n’en étonna pas moins un général ayant plus de soucis à contrer les Bretons que de temps pour un enfant qui se croit déjà philosophe.

Depuis les jardins du Caelius(4) où l’empereur passa les plus belles années de sa vie jusqu’au jour où il les quittera pour rejoindre l’empereur Hadrien sur le Palatin, Marc-Aurèle ne cessera de cultiver sa principale quête : La philosophie, dont la quintessence se retrouve tant dans ses actes que dans les "Pensées", qu’il lèguera à l’histoire sans le vouloir. Une quête qui le torturera sa vie durant et que nous analyserons dans les paragraphes qui suivent.

1 - Hommage aux proches :

En effet, celui à qui la fortune semblait tant promettre, troquera dès sa 12ème année la toge pour le manteau du stoïque(5) et en adoptera l’attitude, celle d’un enfant qui ambitionne la primauté de l’intellect et qui en a fait une priorité quotidienne par son acharnement à l’étude. Cette simplicité, cette attirance pour les plus hautes sphères de l’esprit, il les héritera de personnages ayant marqué sa prime enfance et dont il sut apprécier la qualité. Tous se verront attribuer un hommage dans le livre premier de ses pensées où par la justesse du propos, l’on devine la place de chacun en dépit des redondances.

La pensée la plus frappante sera toutefois celle qu’il dédiera à son père adoptif, Antonin le pieux, car elle témoigne à la fois d’une humble admiration et d’une profonde reconnaissance pour celui qui l’aura accompagné durant plus de vingt ans.

De mon père adoptif, j’ai appris la bonté ; l’inébranlable constance dans les jugements qui ont été une fois mûris par la réflexion ; le dédain pour ces honneurs factices qui séduisent la vanité ; la passion du travail ; l’application perpétuelle ; la disposition à prêter l’oreille à toutes les idées qui concernent l’intérêt public ; l’invariable attention à rendre à chacun selon son mérite ; le discernement à juger des occasions où l’on doit tendre les ressorts et de celles où on peut les relâcher ; la sévérité à poursuivre et à punir les amours pour les jeunes gens ; le dévouement au bien de l’Etat(6).

Cette pensée qui s’étale sur pas moins de trois pages dépasse même l’hommage rendu aux Dieux ou encore à son père biologique, M. Annius Verus, dont il use de mots empreints certes de respect et de gratitude mais sans la verve qu’il mettra à décrire les qualités d’Antonin ; il faut dire que le premier mourut prématurément alors que Marcus était encore dans sa prime enfance(7). "Du père qui m’a donné la vie : la modestie et la virilité, du moins si je m’en rapporte à la réputation qu’il a laissée et au souvenir personnel qui m’en reste"(8).

La reconnaissance de Marc-Aurèle envers Antonin va certainement plus loin que les enseignements accumulés grâce à lui au fil des années ; on ressent que le père d’adoption fut probablement pour Marcus la quintessence de ce qu’un homme devait être et la preuve que l’on pouvait balancer les charges pesantes d’une gestion d’empire, les mirages de la vie de palais tout en restant fidèle aux principes de l’idéal moral et éthique, indissociables par ailleurs de la dignitas dont l’empereur est revêtu.

Il ne négligera pas non plus l’apport irréfragable de sa mère, Lucilia Domitia, dont le mode de vie se tenait au plus loin des exubérances de la noblesse romaine et des plaisirs de la table ; celle qui savait se détourner des turpitudes de son cadre et de son temps pour débattre du legs des auteurs les plus éclairés que Rome et la Grèce aient connus et tenter d’appliquer les principes d’une pietas non affichée mais pleinement ressentie. Une mère est l’élément déterminant dans l’orientation de la dynamique d’un enfant et il semble que la plus grande fortune de Marcus fut d’être le fils de Lucilia. Il en témoignera en quelques lignes empreintes de cette pudeur qui accompagne souvent un amour sincère. "De ma mère : la piété, la libéralité, l'habitude de s'abstenir non seulement de mal faire, mais de s'arrêter encore sur une pensée mauvaise. De plus la simplicité du régime de vie, et l'aversion pour le train d'existence que mènent les riches"(9).

Seulement l’enfant qu’il est a beaucoup à apprendre et son esprit qui s’éclaire déjà aux questions existentielles, se rend bien compte de la somme du manque à gagner ; c’est ainsi qu’il accueillera toujours avec gratitude et curiosité les enseignements de ses précepteurs ; ceux qui, d’abord, lui transmettront les bases de l’éducation, à savoir les rudiments du litterator Euphorion, la géométrie et la musique d’Andron, pour développer l’esprit d’analyse et la pensée cartésienne ou encore la comédie avec Geminius, pour convaincre une audience tantôt ignorante et tantôt farouche et corrompue. Etrangement, ceux qui seront cités dans ses pensées apparaitront plus tard dans sa vie, lorsque Marcus commencera à tendre vers une doctrine des plus ardues, le Stoïcisme. Lors de ce parcours exigeant, mention doit être faite du plus cher d’entre tous : Fronton. Celui qui avait mieux que quiconque su gagner la confiance mais surtout l’amour de Marc-Aurèle et à qui cependant il consacrera une pensée des plus brèves : "De Fronton, j’ai pu apprendre tout ce qu’un tyran peut ressentir de jalousie, et avoir de duplicité, et de fourberie, et combien ceux que nous appelons Patriciens ont, pour la plupart, peu de bonté et d’affection dans le cœur"(10).

Fronton, à qui il doit notamment sa maitrise de l’éloquence, lui enseigna également les rouages de la politique(11) et les nombreux pièges qu’il faudra savamment éviter mais si l’hommage rend une image imparfaite de la relation qui liait les deux hommes, rappelons-nous seulement que les pensées qu’il dédie à son entourage sont l’expression d’une reconnaissance qu’il n’eut peut-être pas l’occasion d’exprimer proprement ; Du reste, Fronton a joui d’une vie entière faite de correspondances intimes, qui ne laissaient planer aucun doute quant à la place que tenait le précepteur dans le cœur de l’empereur ; une effusion de plus et le stoïcien qu’était Marcus serait tombé dans l’exagération qu’il abhorre. Toutefois, cette attachement particulier que Marc-Aurèle a voué toute sa vie à deux hommes qu’ils considérait comme des exemples de grande qualité, évoque l’idée d’une lacune sur le plan affectif due, peut-être au départ prématuré de son père biologique et du besoin d’identification à une figure paternelle voire même masculine ; Lucilia, par ailleurs était connu pour témoigner un amour exclusif et jaloux à son fils, ce qui a probablement joué quelque rôle.

En effet, des chercheurs ont tenté d’expliquer aussi bien son attachement à Fronton qu’à Antonin le pieux, entre autres par un phénomène de compensation, conséquence de l’absence du père biologique ou encore d’une sorte de trouble de l’identité du à la forte personnalité et à l’amour excessif de sa mère Lucillia Domitia(12).

Si cet affirmation trouve un sens dans son rapport particulier à son précepteur Fronton et sa tendresse envers son frère L. Verus ou encore son amitié pour son général Avidius Cassius, il est nécessaire selon p. Grimal de ne pas les associer sans discernement à un malaise intérieur devant être compensé par une admiration excessive ou une projection dans l’autre de ce que l’on souhaite être intérieurement(13).

En effet, on avouera, à la suite de Grimal, que toute personne peut éprouver ce besoin de projection ou encore de compensation mais ne devient pas stoïcien pour autant, de même que les soucis de santé de l’empereur ne donnent pas nécessairement naissance à un homme en perpétuelle quête de vérité et de justice. Toutefois, si le parallèle semble disproportionné, l’on doit tenir compte du poids d’un père biologique absent et de celui surprotecteur d’une mère à la personnalité affirmée. Comme évoqué plus haut, une mère est l’élément déterminant dans la vie d’un enfant et doit être balancé par une figure paternelle dont un jeune garçon se sert dans son processus d’identification. On ne peut dès lors faire abstraction du fait qu’en pareilles conditions, si l’empereur n’en a pas été bouleversé du moins concèdera-t-on le bénéfice du doute aux auteurs qui y voient un impact sur la psychologie de Marc-Aurèle.

Son identification à des hommes viriles comme L. Verus ou Commode plus tard est possible si comme le suggère Grimal, l’on devait replacer l’empereur dans son contexte, à savoir une Rome où l’homme ne saurait être autre chose que virile. Dion Cassius ne manquera d’ailleurs pas de le définir comme étant "d’un faible tempérament(14)" et quant à son attachement à Fronton, l’on ne peut nier comme évoqué plus haut la possibilité d’une réelle projection de la figure absente sur celui qui aura pris soins de l’accompagner dans son aventure intellectuelle. L’on peut même s’interroger sur ce choix d’intimité quand l’empereur avait près de lui Antonin le Pieux, à qui il vouait une admiration sans limites. Peut-on supposer que ce choix repose sur une tendresse que Mar-Aurèle a trouvée auprès de Fronton et moins chez Antonin ? Auquel cas, la recherche d’une figure paternelle serait avérée et ses correspondances très nombreuses tendent à le prouver.

Toutefois, d’autres personnages marqueront le parcours du jeune Marcus et pour conforter les enseignements de Lucilla Domitia, Diognète tient une place de choix ; ce peintre de métier, de surcroit précepteur stoïcien, basera toute sa pédagogie sur la nécessité de saisir la vérité en toute chose, de ne pas s’enflammer pour des jeux certes agréables mais non constructifs, de se méfier de toute vraisemblance, n’aspirant qu’à ce qui peut être vérifié ; il exhortera en outre son disciple à coucher sur une peau de bête à même le sol afin que la mollesse de la vie de palais ne vienne pas corrompre son âme et obscurcir son jugement. Ce que Diognète voulait c’était que Marcus comprenne avant de transmettre, "faire un philosophe plutôt qu’un orateur" selon la formule de Pierre Grimal(15). Pour ce faire, il était donc indispensable de ne pas reculer devant l’obstacle, ni chicaner devant une besogne si, à la clé, se trouvait une part de salut pour l’âme et Marcus s’en souviendra : "A Diognète : réprouver les futilités ; ne point ajouter foi à ce que racontent les charlatans et les magiciens sur les incantations, la conjuration des esprits et autres contes semblables ; ne pas nourrir des cailles ni s'engouer pour des folies de ce genre... Dans l’art de l’écriture et de la lecture, tu ne peux enseigner avant d’avoir appris. Il en est de même, à plus forte raison, de l’art de la vie(16).

D’autres accompagneront le jeune prince par leurs subtiles interventions cherchant toujours à pousser plus loin le potentiel de celui-ci. Et en voici un qui à priori bafouera toutes les règles : Apollonios de Chalcédoine. Celui qui lui fera payer des sommes exorbitantes et demandera à ce que le disciple aille chez le maitre et non le contraire. Cette réflexion suscitera d’ailleurs l’ironie d’Antonin lui-même, qui conclura, non sans sarcasme, qu’il devait certainement être plus facile à Apollonios de venir de Chalcédoine à Rome que de sa maison au Palatin(17). Et pourtant, un enseignement de taille pour Marcus ; Apollonios n’étant certainement pas dépourvu de vanité pour un stoïcien, considérait néanmoins que les meilleures choses s’acquièrent au prix de sacrifices, il fallait donc apprendre à se défaire de l’accessoire pour obtenir l’essentiel et fixer son esprit sur la raison. C’est lui, en outre, qui offrira à Marc-Aurèle une philosophie du vivre-ensemble et de l’amitié, à savoir qu’un geste amical est bon à prendre mais qu’en retour, celui qui l’offre devra se contenter de votre reconnaissance(18), ce qui, il faut l’avouer, ne fut pas réellement une règle pour Apollonios, qui attendait rétribution en échange de ses services ; Marcus néanmoins en prendra note et rendra humblement hommage au maitre : "D’Apollonius, j’ai appris à avoir l’esprit libre et à être ferme sans hésitation ; à ne regarder jamais qu’à la raison, sans en dévier un seul instant ; à conserver toujours une parfaite égalité d’âme contre les douleurs les plus vives, la perte d’un enfant par exemple ou les longues maladies... C’est lui encore qui m’a appris l’art de recevoir de la main de mes amis de prétendus services, sans en être diminué, et sans y paraître insensible quand je ne croyais pas devoir les accepter"(19).

Une société aussi organisée que l’était la société romaine, procède d’une hiérarchie où chacun est appelé à tenir son rang, c’est du moins l’avis des optimates. Cette élite use de cet état de fait pour entériner ce qu’elle considère comme l’ordre des choses ; les meilleurs, entendons les plus anciens et les plus riches (Optimates)(20), étant supérieurs à ceux qu’ils gouvernent par leur sagesse et auxquels les gouvernés doivent obédience et honneurs. C’est qu’un service n’est jamais fortuit à Rome et appelle toujours un retour d’ascenseur. Marcus se détournera de toutes ces considérations qu’il ne juge pas dignes de cette aequalitas(21) qui fera de lui le sujet de ses gouvernés et dont l’objectif tendra inlassablement à l’équilibre du bien commun afin que la cité perdure dans la sérénité ; il défendra l’idée qu’un service vaut par ce qu’il apporte de bon à autrui et que l’argent ne vaut que par son bon usage : "Si l’Etat n’éprouve aucun tort, moi non plus, je n’en éprouve aucun. Si au contraire l’État est lésé, il n’y a point à s’emporter inutilement contre le coupable ; mais il faut se demander : En quoi a-t-il manqué au devoir ?... Ce qui n’est pas utile à l’essaim ne peut pas non plus être utile à l’abeille"(22).

Et il le prouvera en stoïcien d’abord et en gouverneur ensuite. Suite à l’une de ses campagnes en Germanie, la paix aux frontières demeurait fragile ; le traité était conclu mais l’empereur savait que les Germains n’en resteraient pas là ; prévoyant un retour de manivelle, il ne se voyait pas réclamer plus de contribution aux citoyens de Rome afin de renflouer le trésor publique ; il collectera donc tout ce qui orne ses palais, avec le renfort d’une Faustine résolument convaincue et renflouera les caisses en prévision d’une imminente bataille. La vente de ses biens mobiliers sur le forum prendra deux mois mais il y avait au bout du compte largement de quoi épargner au peuple un effort de guerre supplémentaire.

Cette conduite fondée sur la raison et la prévoyance est une quête perpétuelle ayant un seul objectif, celui du discernement fondé, pour reprendre l’analyse de J. Siat, sur la nécessité de faire le tri entre le bon et le mauvais par l’initiation aux lois naturelles. Ceci implique, selon l’auteure, de chercher "en dedans" la nature de toute chose pour ensuite choisir et bien choisir(23). Cette initiation, l’empereur l’expérimentera et la nourrira par le détour impitoyable du stoïcisme, philosophie qui va plus loin que toutes les autres et exigera de son adepte de ne pas sourciller face à ses plus archaïques instincts. Dans le cadre de cette doctrine, les pensées de Marc-Aurèle chemineront sur deux sentiers parallèles, l’un dédié à la conception que l’homme doit se faire de la vie et l’autre, à celle qu’il doit se faire de son prochain.

2 - Conceptions philosophiques de la vie :

Pour ce qui de la vie et ses épreuves, être stoïcien implique d’accepter avec "indifférence", la douleur, la maladie, la mort des êtres aimés ou la sienne même, car tout ce qui arrive à l’homme lui vient de la providence, de l’essence à la fois invisible et unifiée de l’univers ; par conséquent, si la chair est lésée, l’âme en tant que partie du tout, perdurera par simple transformation : "Qu’est-ce que mourir ? Si l’on envisage la mort en elle-même, et si, divisant sa notion, on en écarte les fantômes dont elle s’est revêtue, il ne restera plus autre chose à penser, sinon qu’elle est une action naturelle. Or celui qui redoute une action naturelle est un enfant. La mort pourtant n’est pas uniquement une action naturelle, mais c’est encore une œuvre utile à la nature"(24).

Les actes des Dieux sont de ce fait parfaitement réfléchis et s’inscrivent dans un ordre global qui assure une forme d’éternité à chaque parcelle du tout dont l’homme fait incontestablement partie : "Tout ce que font les Dieux est plein de prévoyance. Le hasard même n’agit pas sans coopérer avec la nature, et sans avoir une certaine connexité et un certain entrelacement avec l’ordre que la Providence a constitué. C’est de là que tout découle"(25).

Ce que beaucoup considèrent comme un acharnement du destin, Marcus le voit comme un acte providentiel et nécessaire, que seule la sottise humaine colore de sa vanité et de son égoïsme, car pour l’empereur, si la destinée devait être injuste envers quiconque, elle n’imposerait pas les mêmes tourments à tous et il est bien connu que ce qui fait pleurer l’un est parfois profitable à l’autre ; songeons, par exemple, à l’être aimé dont on refuserait la perte mais à qui la mort pourtant serait d’un grand soulagement : "Ne pas vouloir que cela soit, c’est vouloir que le figuier soit privé de son suc. Bref, souviens-toi de ceci : dans très peu de temps, toi et lui, vous serez morts ; et, bientôt après, rien, pas même votre nom, ne restera... Il n'arrive à personne rien qu'il ne soit naturellement à même de supporter. Les mêmes accidents arrivent à un autre et, soit qu'il ignore qu'ils sont arrivés, soit étalage de magnanimité, il reste calme et demeure indompté. Etrange chose, que l'ignorance et la suffisance soient plus fortes que la sagesse"(26).

La conviction profonde de n’être qu’une part du tout n’est pas sans rappeler la symphonie universelle évoquée par Aristote ; concept philosophique par lequel l’auteur de "La Politique" tentera d’expliquer le sens du vivre ensemble au sein de la polis. C’est une conception que l’on retrouve également dans le caractère originel de la religion romaine et italique, à savoir dans ce naturalisme où les esprits des ancêtres ne quittent jamais l’ici-bas, de même que les génies, les divinités abstraites comme la fortune ou la vertu qui reçoivent des offrandes et font l’objet d’un culte permanent. La religion est donc au cœur des préoccupations de l’empereur ; religion qu’il faudra adapter aux décisions quelquefois très pénibles, comme les déclarations de guerre à des peuples dont ses prédécesseurs avaient convoité les richesses.

Toutefois, chez Marc-Aurèle, la fusion avec le tout a quelque chose de moins ritualisé, de moins pragmatique que ce à quoi la religion romaine nous a habitués. En effet, au-delà de la nécessité de se fondre dans la mer primaire qu’est la providence, l’on ressent également le désir qu’il en soit ainsi dans l’ordre des choses ; était-ce simplement parce que la nature est ainsi faite ou alors que l’homme en question était-il profondément outré par le cadre de son temps et de son rang ?

3 - Conception de l’altérité :

Si dans les pensées relatives à la vie s’esquisse une vision basée sur la résilience, dans celles dédiées à la conception que l’homme doit se faire de son prochain, s’exprime le devoir de combativité avec pour maitre-mots : la tempérance, la maitrise de soi et un sens exacerbé de la responsabilité, conformément aux valeurs cardinales qui font la tradition romaine : "A tout moment, songe avec gravité, en Romain et en mâle, à faire ce que tu as en mains, avec une stricte et simple dignité, avec amour, indépendance et justice, et à donner congé à toutes les autres pensées"(27).

Cela implique de prendre les événements de la vie avec sérieux mais sans raideur, droiture sans inflexibilité, car si l’obstacle est de taille, il est quelquefois nécessaire de fléchir un moment pour mieux se redresser, effectuer un pas en arrière pour se permettre un meilleur élan mais surtout, ne jamais lâcher prise lorsque le combat nous grandit : "Ne te rebute pas, ne te dégoûte pas, ne te consterne pas, si tu ne parviens pas fréquemment à agir en chaque chose conformément aux principes requis. Mais lorsque tu en es empêché, reviens à la charge et soit satisfait, si tu agis le plus souvent en homme"(28).

Cependant l’on ne peut s’empêcher de ressentir quelque malaise chez l’empereur, qui donne l’impression de s’exhorter lui-même avec la plus vive insistance à relativiser les contraintes imposées par la sottise d’autrui ; cet Homme imprégné des valeurs les plus nobles, semble dans l’expectative d’une solution à ce que l’on pourrait identifier comme un état de dépression ; il confiera à Fronton dans une lettre, qu’il souhaite apprendre la rhétorique grecque car : "Je souhaite voir si ce que je n’ai pas encore appris sera plus propice, puisque ce que j’ai appris m’abandonne"(29).

Marc-Aurèle, en effet, doit composer avec son époque. Comment conjugue-t-on les charges de premier citoyen, lorsqu’on est aux prises avec un sénat dénué d’affection, un peuple chéri mais souvent ignorant et que l’on est soi-même tellement en avance sur son temps et sa communauté ? Ces pensées sont avant tout pour lui-même et le fait qu’il revienne tant sur les failles humaines, révèle quelque part sa propre difficulté à coopérer avec cet état de fait.

C’est peut-être là l’une des raisons pour lesquelles l’empereur conjure son insatisfaction par le surinvestissement intellectuel et une discipline que l’on pourrait assimiler à de l’auto-flagellation. Ce sont là deux mécanismes propres aux états névrotiques auxquels la personne concernée à recours pour conjurer une culpabilité latente ou encore un manque d’estime de soi ; par ailleurs, la recherche de l’infiniment grand peut également suggérer une lassitude profonde contrée par la recherche de sens ailleurs que dans la vie quotidienne. L’on est à ce stade amené à s’interroger sur le recours de Marc-Aurèle à la religion, tantôt sous les traits du paganisme et tantôt sous ceux du monothéisme ; il citera en effet Dieu en tant qu’entité suprême teintée d’absolu mais également les Dieux du panthéon romain, Zeus en particulier : "L’homme porte son fruit, comme Dieu porte le sien, comme le monde porte le sien aussi, comme toute chose le porte, quand la saison en est venue"(30).

Est-il possible que Marc-Aurèle ait trouvé quelque réconfort dans le christianisme qui s’exprime par ailleurs à Rome depuis le règne de Tibère ?

Une de ses pensées révèle qu’il n’approuve pas l’attitude des Chrétiens, leur retrait de la vie sociale, si fondamentale pour Marc-Aurèle, ou encore leur empressement face à la mort mais il ne réprouve pour autant leur philosophie car après tout, le fait d’être prêt à mourir à tout instant et se défaire des illusions de la vie terrestre, est autant un fondement chrétien que stoïcien : "Quelle âme que celle qui est prête, à l'instant même s'il le faut, à se délier du corps, que ce soit pour s'éteindre, se disperser ou survivre. Mais le fait d'être prêt doit parvenir d'un jugement propre et non, comme chez les chrétiens, d'une pure obstination. Qu'il soit raisonné, grave, et, si tu veux qu'on te croie, sans pose tragique"(31).

La confusion chez Marc-Aurèle semble plus évidente lorsqu’on pense à son recours aux rites superstitieux, ignorant au passage les enseignements de Diognète sur leur inutilité. D’autre part, Pourquoi un stoïcien supposément panthéiste, recevrait-il des messages des Dieux en songe et y croirait-il ? Est-il honnêtement possible à un homme tel que Marc-Aurèle de rejeter l’adultère et la pédérastie et de se considérer comme le représentant de Jupiter sur terre (au-delà des traditions ancrées en lui), de renier la vengeance et d’être celui de Junon ou encore de réprouver la soif de conquête et d’être celui d’Athéna ?

Toutefois, nous sommes en droit de nous demander si Marc Aurèle, éternel étudiant philosophe, insatisfait de lui-même, en cherchant l’infiniment plus grand ne faisait que chercher sans avoir jamais réellement trouvé ? Et d’envisager l’éventualité qu’il fut peut-être une bonne partie de sa vie en proie à un doute insistant mêlé à une culpabilité persistante. Celle du romain rompu aux dogmes de son temps et convaincu d’en être le gardien mais tout autant éduqué par des hommes d’ailleurs qui lui ont inculqué l’amour de la vérité, inconciliable quelquefois avec des divinités souvent puériles.

D’un autre point de vue, il est possible que l’empereur se soit familiarisé avec la doctrine chrétienne, d’abord par les œuvres de Justin et Méliton dont, pour citer pierre Grimal, il semble que le pouvoir impérial ait montré quelques signes de rapprochement(32) mais aussi parce que lors de ses campagnes aux frontières du Danube, une compagnie entière de son armée, la fameuse Legio fulminata, était de confession chrétienne ; par ailleurs, il fut en contact avec eux à Rome et même à son palais puisque certains de ses domestiques étaient chrétiens. Ernest Renan dira toutefois que "le genre de surnaturel qui faisait le fond du christianisme lui était antipathique"(33).

Marc-Aurèle était certainement intrigué par leur courage face à une mort certaine, c’est leur zèle le moment venu qui a choqué l’empereur car pour le stoïcien qu’il fut, il s’agissait d’attendre patiemment la mort et de l’affronter sans ostentation(34). On ne peut douter qu’il ait trouvé quelque similitude entre ses convictions, espérances et la doctrine du christianisme ; après tout, quel plus bel exemple d’altruisme que de périr crucifié parce que l’on a voulu que l’humanité trouve Dieu ? Mais ensuite et surtout leur pardonner car ils ne savent pas ce qu’ils font.

C’est ce qu’aurait fait Marc-Aurèle si son armée n’avait pas massacré Cassius Avidius, général d’armée en Syrie, pour avoir déclenché une rébellion en 172 et annoncé prématurément la mort de l’empereur déjà malade en Germanie dans l’espoir de se faire proclamer à sa place. L’empereur se serait contenté de regretter de n’avoir pas eu l’occasion de faire "d’un ingrat, un ami.

En revanche, sa mélancolie est bien présente. Au crépuscule de sa vie, il fera part d’un constat exprimé avec recul mais non indifférence, car son entourage ne fut pas atteint par les lumières qui éclairèrent son parcours. Un être tel que Marc-Aurèle, qui ne se dissociait pas de son prochain, souhaitait sûrement partager le fruit de son endurance afin que d’autres à leur tour puissent être profitables à autrui et cependant, beaucoup semblent lui souhaiter un départ précipité : "Au dernier moment, Il se trouvera quelqu'un pour dire à part soi : Nous allons enfin respirer sans ce maître d'école. Il ne fut pas sans doute bien gênant pour aucun de nous mais je sentais qu'en secret il nous désapprouvait". Voilà ce qu'on dira du consciencieux.

Mais, pour nous autres, combien d'autres motifs font désirer à plusieurs de se voir débarrassés de nous. Tu devras y réfléchir en mourant, et tu t'en iras d'autant plus aisément que tu penseras : "Je quitte cette vie au cours de laquelle mes associés eux-mêmes, pour qui j'ai tant lutté, tant formulé de vœux, tant conçu de soucis, sont les premiers à désirer me soustraire, dans l'espérance qu'ils en retireront quelque éventuel avantage. Pourquoi donc tiendrait-on à prolonger son séjour ici-bas ?"(35).

Malgré les doutes et l’insatisfaction, Marc-Aurèle persistera à chercher ce que son prochain porte de meilleur en lui et en minimisant son sentiment d’échec : "Si tu veux te donner de la joie, pense aux qualités de ceux qui vivent avec toi, par exemple à l’activité de l’un, à la réserve de l’autre, à la libéralité d’un troisième et à telle autre qualité chez tel autre. Rien, en effet, ne donne autant de joie que l’image des vertus, quand elles se manifestent dans la conduite de ceux qui vivent avec nous et qu’elles s’y trouvent, en aussi grand nombre que possible, réunies. Voilà pourquoi il faut toujours avoir ce tableau sous les yeux"(36).

"Ce serait le privilège d’un mérite surhumain que de pouvoir sortir de la société des hommes sans avoir jamais su ce que c’est que le mensonge, la fausseté sous aucune de ses formes, la mollesse et l’orgueil. Déjà, c’est avoir fait une heureuse traversée que de s’en aller de ce monde avec le profond dégoût de ces vices"(37).

Voilà donc un homme qui, prenant exemple sur un père élevé par ses actes au plus haut degré de la pietas romaine, croira que l’impossible n’est pas romain mais dans une acception viscéralement philanthropique.

Marc-Aurèle a certainement réfléchi aux conquêtes de ses prédécesseurs, Hadrien, Trajan ou Nerva mais il a dû tempérer les exploits militaires de ses proches, car sa vie fut dédiée non à conquérir mais rétablir la paix aux frontières, et si quelques conquêtes viennent s’ajouter à celles des précédents, l’entreprise fut sûrement le fruit d’une tentative de se concilier un sénat toujours prompt à le discréditer(38). Il semble qu’il ait même désapprouvé toute soif de conquête : "Que sont Alexandre, et César, et Pompée, si on les compare à Diogène, à Héraclite, à Socrate ? Ces philosophes ont scruté les choses ; ils ont approfondi les éléments qui les composent ; et les principes qui dirigeaient ces grandes âmes ne variaient point. Mais les autres, à quoi ont-ils songé ? De quoi ne se sont-ils pas faits les esclaves ?"(39).

"Veille à ne pas tomber au nombre des Césars, à ne pas t’empreindre de leur couleur, comme cela s’est vu. Tâche donc de rester simple, honnête, intègre, digne, sans faste, ami de la justice, plein de piété envers les Dieux, bienveillant, dévoué à ceux que tu aimes, toujours prêt à remplir les devoirs qui sont les tiens. Combats sans cesse, pour demeurer tel que la philosophie a voulu te rendre"(40).

L’empire était assez vaste pour causer autant de perte que de gain, aussi son énergie fut-elle tournée vers le maintien de la paix plutôt que l’extension, veillant en tout à instaurer l’équité. Souvenons-nous qu’il fut le premier depuis la chute de Carthage à avoir conféré un statut équitable entre le pagus de Dougga et la civitas, en accordant à la ville le droit latin et au pagus le droit de legs, ce qui permit à la fois au pagus de se défaire de la tutelle de Carthage et à la ville (moins favorisée que son pagus étrangement) de prétendre à de hautes fonctions dans la capitale (les Gabinii en profiteront). Le but était simplement de ne léser personne et cela ouvrira la voie pour que Dougga devienne municipe après une tutelle carthaginoise longtemps mal acceptée(41).

Conclusion :

Si l’injure du temps et le contexte défavorable empêchèrent Marc-Aurèle de transmettre sa philosophie et notamment à un fils franchement immoral, lui concèdera-t-on le mérite d’avoir eu foi en l’homme et en une meilleure conception de l’existence. Son combat fut aussi louable qu’interminable et l’on peut conclure que sur les soixante ans que Marc-Aurèle aura passés sur terre, moins d’une dizaine seulement aura connu les joies de l’insouciance. Beaucoup n’auraient pas tenu la distance avec de si lourdes charges et son peuple s’en souviendra, si bien qu’au IVème siècle, le 21 Avril, date de naissance de l’empereur, sera célébré par des jeux au cirque. Hommage pour certains, l’espoir pour d’autres.

Notes :
1 - Il s’agit d’un code non écrit et regroupant les mœurs des anciens que tout bon citoyen se doit de suivre.
2 - Pierre Grimal : Marc-Aurèle, Editions Arthème Fayard, Paris 1991, p. 14 et 85.
3 - Ibid., p. 22.
4 - Une des sept collines de Rome.
5 - Ibid., p. 143.
6 - Marc-Aurèle : Pensées pour moi-même, Traduction nouvelle de Mario Meunier avec prolégomènes et notes, Librairie Grenier Frères, Paris 1934, I, XVI.
7 - Pierre Grimal : op. cit., p. 62.
8 - Marc-Aurèle : Pensées pour moi-même, Livre I, pensée II.
9 - Ibid., L. I, P. III.
10 - Ibid., L. I, P. XI.
11 - Fronton fut, en effet, consul une seule fois en 143, sous le règne d’Antonin.
12 - Robert Dailly, Henri Van Effenterre : Le cas Marc-Aurèle, Essai de psychosomatique, Revue des Etudes Anciennes, T. 56, n°s.3-4, 1954, p. 357.
13 - P. Grimal ; Le cas Mar-Aurèle, In, Bulletin de l’association Guillaume Budé, n°1, 1991, pp. 45-46.
14 - Dion Cassius : L. LXXI, 1.
15 - Pierre Grimal : op. cit., p. 77.
16 - Marc-Aurèle : pensées pour moi-même, L. I, P. VI.
17 - Pierre Grimal : op. cit., p. 79.
18 - Ibid., p. 80.
19 - Marc-Aurèle : op. cit., L. I, P. VIII.
20 - Les Optimates sont les plus anciennes familles de Rome et les plus riches également. Dans la pensée collectives, ceux-ci sont les meilleurs et donc les plus à mêmes de diriger la cité.
21 - Grimal signale que le terme doit être prudemment employé pour éviter tout anachronisme ; en effet, le mot signifierait selon l’auteur, la simplicité de vie et la sociabilité au quotidien et non l’équité... Grimal : op. cit., p. 105.
22 - Marc-Aurèle : op. cit., L. V, P. XXII ; L. VI, P. LIV.
23 - J. Siat : La pratique du discernement chez Marc-Aurèle, In, Bulletin de l’Association Guillaume Budet, n°2, Juin 1997, p. 139.
24 - Marc-Aurèle : op. cit., L. II, P. XI.
25 - Ibid., L. II, P. II.
26 - Ibid., L. V, P. XVIII.
27 - Ibid., L. III, P. V.
28 - Ibid., L. V, P. IX.
29 - Pierre Grimal : op. cit., p. 69.
30 - Marc-Aurèle : op. cit., L. IX, P. X.
31 - Ibid., L. XII, P. III.
32 - Pierre Grimal : op. cit.
33 - Ernest Renan : Examen de quelques faits approfondis relatifs à l’impératrice Faustine, femme de Marc Aurèle, Comptes rendus de séances de l’Académie des Inscriptions et des Belles Lettres, Vol. 11, N°1, 1986, p. 369.
34 - Ibid., pp. 55-56.
35 - Marc-Aurèle : op. cit., L. X, P. XXXVI.
36 - Ibid., L. VI, P. XIVIII.
37 - Ibid., L. IX. P. II.
38 - Pierre Grimal : op. cit., p. 109.
39 - Marc-Aurèle : op. cit., L. III, P. III.
40 - Ibid., L. VI, P. XXX.
41 - Gabrielle Cossette : La romanisation de l'Afrique romaine à travers la diffusion et l'évolution de la citoyenneté romaine, de la République à Caracalla, Les cas de Thugga et Lepcis Magna, Mémoire présenté à la Faculté des études supérieures et postdoctorales, Montréal 2012, pp. 74-81.
Pour citer l'article :

* Salima Siada : Approche analytique des pensées de l’empereur Marc-Aurèle, Revue Annales du patrimoine, Université de Mostaganem, N° 19, 2019. http://annales.univ-mosta.dz

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Résumés du N° 19